CIGREF, partenaire du colloque « Intelligence Artificielle, des libertés individuelles à la sécurité nationale »

Présentation des actes du colloque « Intelligence Artificielle, des libertés individuelles à la sécurité nationale »

Ce colloque s’est tenu le 14 février à l’Assemblée Nationale, à l’initiative de la Commission Supérieure du Numérique et des Postes (CSNP), en partenariat avec le CIGREF, CyberCercle et Eurogroup Consulting.

Dans le cadre de la présentation des actes de ce colloque, les organisateurs ont exposé la démarche et les raisons de leur engagement pour contribuer à traiter cette dimension importante de l’Intelligence Artificielle : les libertés individuelles et la sécurité nationale.

Jean Launay, député du Lot, questeur de l’Assemblée nationale, président de la CSNP, explique que si l’Assemblée Nationale a volontiers mis sa salle Victor Hugo à disposition des organisateurs de ce colloque, c’est en considérant son rôle d’éclaireur de porter ces sujets et de les approfondir. Il était important de « faire le point sur ce que recouvre l’intelligence artificielle en France grâce aux contributions de parlementaires, de chercheurs et de dirigeants d’entreprise. Il est juste qu’accélérer et amplifier ce porter à connaissance soit une initiative parlementaire ».

Il a rappelé que tous les participants ont été sensibles à la présence du Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, venu ainsi témoigner de son intérêt pour le sujet et les enjeux liés à l’intelligence artificielle.

Bénédicte Pilliet, directrice du CyberCercle, expose comment le travail sur ce colloque a révélé des dimensions ouvrant un champ des possibles extraordinaire sur les enjeux éthiques, juridiques, de souveraineté et de sécurité… L’IA était déjà perçue comme un sujet transverse, mais à la marge. Ce colloque a révélé qu’il faut que la chose publique et les élus s’emparent de ce sujet. Bénédicte Pilliet annonce qu’en prolongement de ce colloque, il  a été créé un cybercercle dédié aux questions de l’Intelligence Artificielle pour entretenir cette dynamique.

Henri d’Agrain, Délégué général du CIGREF, souligne que le CIGREF a été particulièrement heureux de s’associer à cet événement d’autant plus qu’il est déjà très impliqué sur le sujet de l’Intelligence Artificielle. Il a notamment organisé un colloque abordant l’Intelligence artificielle sous l’angle de la gouvernance au sein des entreprises (les actes de ce colloque). Le CIGREF poursuit des travaux de long-cours sur l’Intelligence Artificielle (menés sous le pilotage de Kostas Voyiatzis et Françoise Mercadal-Delassalles, Administrateurs du CIGREF) avec les grandes entreprises et aussi certaines administrations comme le ministère de la défense, qui sont membres du CIGREF. Ces travaux sont menés en interne mais leurs résultats sont publiés et mis à la disposition de tous (publications).

Il évoque le fait qu’une régulation positive s’impose et souligne l’importance d’être très attentif à la façon dont cette régulation se fera, la France ayant des systèmes de valeur qui ne sont pas forcément partagés par l’ensemble de la planète.

Kostas Voyiatzis, CIO groupe Edenred et co-président du Cercle Intelligence Artificielle CIGREF, précise que, plus qu’un effet de mode,  les grandes entreprises sont confrontées à un véritable enjeu de fond dans ce que l’on appelle la transition intelligente (Livre Blanc « Gouvernance de l’Intelligence Artificielle dans les entreprises »).

Les entreprises font face à de nouveaux enjeux, culturels, managériaux, opérationnels, stratégiques, et aussi juridiques et éthiques. Mais faisons attention à ce que, pour des raisons éthiques, on ne contraigne pas l’innovation en matière d’IA sur le territoire national et en Europe, au risque qu’elle ne se délocalise dans les pays qui n’ont pas ces exigences. Il y a un équilibre à trouver qui n’est pas évident, mais il faut toujours nuancer les exigences éthiques au regard des enjeux économiques et d’innovation.

Grégoire Virat, dirigeant Eurogroup Consulting, indique que l’approche « à la française » donnée à l’Intelligence Artificielle par ce colloque, rejoint le rôle et l’engagement de son entreprise. Il précise que lorsque l’on se projette dans les 10 prochaines années, il y a notamment deux sujets centraux qui reviennent : le numérique, au centre duquel on trouve l’IA, et tout ce qui est économie sociale et solidaire. Les thématiques du numérique, de l’économie sociale et solidaire et du développement durable se rejoignent et vont transformer assez radicalement dans les 5 à 10 prochaines années les sociétés, les gouvernements, les démocraties. La France a tout pour être un des leaders et doit promouvoir l’esprit de l’IA à la française, qui connecte des algorithmes,  la blockchain, de façon respectueuse des libertés individuelles et collectives.

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Cet article s’appuie sur les notes prises pendant la présentation, avec les risques d’interprétation que cela induit, il n’engage donc pas les personnes citées.