La gestion des grands fichiers… à l’ère du numérique, voilà une problématique intrigante ! Mais lorsqu’elle se pose en 1979, elle fait l’objet d’un rapport CIGREF du Groupe de travail « logiciels et méthodologie » qui explique en introduction à ce rapport :

« La gestion des grands fichiers informatiques pose des problèmes et le thème est revenu à plusieurs reprises dans les réponses à l’enquête organisée par le CIGREF, auprès des responsables informatiques, début 1977.

Le rapport de synthèse proposé ici repose sur l’examen des difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre et de l’exploitation de neuf grands fichiers dans sept entreprises membres du CIGREF. Il importe d’abord de dire que le facteur “taille” n’est pas le seul significatif, bien qu’étant le révélateur de problèmes qu’il amplifie. En effet, si toutes les applications décrites mettaient en œuvre des fichiers de plus de 200 mégaoctets, il est apparu que c’était essentiellement les fichiers de base des entreprises, leurs fichiers opérationnels, qui posaient des problèmes aux informaticiens attachés à répondre efficacement aux soucis quotidiens des utilisateurs. Ces soucis étant forcément liés à la spécificité des activités des entreprises, il est aussi naturel de constater des différences notables entre les solutions apportées, qui sont d’ailleurs évolutives, les besoins se précisant à l’usage.

Notamment les questions d’accès, tant sous les aspects physiques que logiques, ont posé à tous des problèmes d’intégrité, de cohérence, de confidentialité de l’information, donc des problèmes de structuration des données, question essentielle aussi au niveau des coûts informatiques et délais de réponse.

C’est donc le vaste problème de l’informatique opérationnelle dans l’entreprise, de son intégration dans sa vie quotidienne, à travers des applications fondamentales, qui était posé.

Est-il nécessaire, dans ces conditions, de préciser que ce rapport ne prétend pas résoudre les problèmes posés. Les utilisateurs et concepteurs de ces grands fichiers en sont conscients lorsqu’ils préparent une nouvelle version de leurs systèmes après en avoir observé le fonctionnement.

Cependant, un examen attentif des orientations prises dans des contextes voisins permettra, à défaut de panacée, d’éviter des voies peut-être prometteuses, qui se révèlent être sans lendemain dans les conditions actuelles de la technique informatique ».

En savoir plus : Synthèse du Groupe de travail « logiciels et méthodologie » en 1979.