D’Arpanet aux réseaux sociaux d’aujourd’hui

Publié le lundi 31 janvier 2011

On ne peut pas évoquer 40 années d’informatisation des entreprises sans croiser le « phénomène réseaux sociaux » ! L’impact des réseaux sociaux sur les usages des systèmes d’information, qu’ils soient dans la sphère privée ou la sphère professionnelle, est suffisamment significatif pour aborder ici leur histoire, d’autant qu’elle démarre elle aussi en même temps que celle du CIGREF !

Le succès des réseaux sociaux ne relève certainement pas du hasard et, jusqu’à leur forme numérique actuelle, ils émanent des évolutions technologiques de ces quarante dernières années.

Après avoir visualisé la « timeline » représentative, mais non exhaustive, de l’apparition des réseaux  sociaux (d’Arpanet jusqu’à Facebook et ses 400 millions d’inscrits annoncés en 2010…) un petit éclairage rétrospectif complémentaire s’impose : se souvenir que l’être humain est un animal grégaire ! Ce qui veut dire, très schématiquement, que nous faisons partie d’une de ces nombreuses espèces animales qui ont génétiquement tendance « à se regrouper en sociétés plus ou moins structurées, de façon spontanée et sporadique sous l’effet de stimuli environnementaux ». Dès lors, sans entrer dans des subtilités sociologiques, l’homme a une tendance naturelle au « réseautage social » (social networking). Ce mode de fonctionnement existe depuis toujours, on retrouve des groupes sociaux constitués dès l’Antiquité autour de thèmes tels que les classes sociales, la religion, etc.

Un petit coup d’œil sur l’étymologie du mot « réseau » apporte un autre éclairage. Les êtres humains grégaires que nous sommes se regroupent certes « naturellement ». Mais la conceptualisation du phénomène relève d’une démarche cognitive où les mots ont un sens. Il semble donc que le mot « réseau » vienne du vieux français « résel » ou « réseuil », lui-même tiré du mot latin « retiolus » décliné en « rete-retis », signifiant « filet » (rets). Ce filet s’entend d’abord comme un filet de chasse, lui donnant ainsi une première idée de « capture ». Plus tard, les vanniers utilisent le mot « rets » pour désigner un entrecroisement de fibres textiles ou végétales.

Descartes quant à lui utilise le mot réseau dans « le Traité de L’homme » pour nommer la zone centrale du cerveau, lui prêtant un rôle de « tamis » filtrant les terminaisons nerveuses périphériques pour assurer le passage de l’information vers le centre cérébral. Concrètement, il apparait donc que jusqu’au 18ème siècle, sur le plan sémantique, le réseau ne sert pas encore à exprimer des flux de circulation, qu’ils soient de transport ou de communication.

Cette notion de transport de flux s’amorce à partir d’une réflexion sur l’espace concret et sa mesure, principalement avec les investigations des géomètres (réseau de triangulations de Cassini -1780). A la même époque, le monde des mathématiques présente la Théorie des graphes, qui est une élaboration d’algorithmes. Un graphe est la représentation symbolique d’un réseau, abstraction de la réalité pour permettre sa modélisation. Cette théorie aura de nombreuses applications dans tous les domaines liés à la notion de réseau : informatique, télécom, puis social…

Une question se pose peut-être : quand le web arrive, qu’il flatte l’instinct grégaire de l’homme à l’aide de technologies incitatives, et que le « réseau » devient « social », le réseau s’entend-il alors avec son sens étymologique de « filet de capture », par la notion de « flux », ou les deux ?

L’évolution exponentielle des réseaux sociaux numériques, c’est le Web 2.0. Cette expression Web 2.0 est née en 2003 (sous la plume de Tim O’Reilly qui dirige une agence de médias américaine), mais elle ne s’est imposée qu’en 2007, après l’apparition de Facebook et de Twitter. Le langage semble désormais s’encrer (!) s’ancrer moins rapidement que les usages technologiques !

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