Roland Moreno, inventeur français particulièrement créatif, parfois surnommé « Professeur Nimbus », est décédé hier, 29 avril 2012, il avait 66 ans. Atypique, autodidacte passionné d’électronique, il a inventé en 1974 une des technologies les plus utilisées au monde, la carte à puce. On retrouve cette discrète carte à puce dans d’innombrables technologies indispensables à nos usages numériques quotidiens, qu’elle s’appelle carte SIM, carte Vitale, carte bancaire, carte de stationnement, passe Navigo, ou autres décodeurs télé, Moneo ou Velib’… la carte à puce est partout !

Histoire secrète de la carte à puce

Roland Moreno a publié en 2001, l’histoire de son invention de la carte à puce, faite en découvrant dans la presse spécialisée comment stocker des informations sur un support, sans avoir à recourir à un apport d’énergie

« 28 janvier 1974… En fin de soirée, avec des amis, je tombe du ciel en parcourant Electronique-Hebdo : Harris Semiconductor, un petit fabricant de circuits intégrés, annonce la disponibilité prochaine de mémoires PROM 1024 bits. C’est ainsi que j’apprends (alors que ce n’était plus un scoop depuis un an ou deux) l’existence de mémoires dotées d’une propriété à mes yeux inouïe : conserver l’information enregistrée sans apport d’énergie… ».

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Parcours d’un inventeur !

Roland Moreno a passé sa vie à « inventer » ! A l’exemple de sa « machine à tirer à pile ou face », ou encore un juke-box en ligne accessible via une carte à puce ! Pour matérialiser sa passion, il crée en 1972 la société « Innovatron » qui a déposé en 1974 les quelques 45 brevets successifs de la carte à puce. Autre invention à l’actif de Moreno, le « Radoteur », système algorithmique permettant la génération de mots nouveaux à partir d’une liste de mots issus du dictionnaire, système toujours utilisé, notamment par une société spécialiste de la génération de noms de marques.

A côté de sa passion de l’invention, Roland Moreno a publié en 1990  « La théorie du bordel ambiant » ouvrage dont il résume ainsi lui-même la philosophie : « Il s’agit de montrer qu’en n’obéissant pas à la convention, en ne faisant pas comme il faut, cela marche quand même. Cela marche peut-être mieux ! ». Dans cet ouvrage, il décrit également toute la séquence algorithmique du « Radoteur ».