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Entreprises & Culture Numérique
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La fonction SI utilise et promeut l’usage des plateformes de partage de connaissances, notamment en les
mettant en place. Elle en assure la fluidité, la sécurité et la fabilité. Les collaborateurs emploient les outils
facilitant le partage de connaissance. Mais il faut surtout mettre en œuvre les bonnes pratiques permettant
de construire une véritable dynamique d’intelligence collective. En cela, la culture numérique est aussi une
culture de vigilance et de
,
de responsabilisation des acteurs vis-à-vis de
leurs contributions. Les collaborateurs savent qu’une démarche d’intelligence collective n’est pas une mise en
partage naïve des sujets stratégiques de l’entreprise dans un espace public.
Pour autant, au sein de l’entreprise, des comportements nouveaux, souvent éloignés des valeurs
traditionnelles de réussite individuelle ou des modèles de
leadership
,
doivent s’installer pour favoriser une
dynamique d’intelligence collective. La performance de l’individu est optimisée dès lors qu’il n’est plus isolé,
mais l’important n’est pas pour chacun de faire valoir sa connaissance ou son idée.
Cette dynamique est d’autant plus entrainante qu’elle est pratiquée dans un esprit de réussite commune
plutôt qu’individuelle. Les managers eux-mêmes ne doivent pas s’exclure de cette dynamique collective.
Leur
leadership
s’évalue aussi dans leur capacité à créer une interdépendance des énergies autour des
projets innovants de l’entreprise… et à s’y engager eux-mêmes ! Leur propre implication dans la démarche
d’intelligence collective contribue à crédibiliser et légitimer cette dernière, à convaincre les collaborateurs
qu’il se passe là quelque chose de nouveau et de porteur pour l’entreprise. Cette stimulation doit également
faire l’objet d’une reconnaissance du salarié dans sa capacité à jouer le jeu de l’intelligence collective.
De fait, l’intelligence collective mobilise une signifcation du mot intelligence incluant la compréhension
mutuelle. C’est en cela qu’elle relève aussi de la culture numérique. Elle suppose un changement de
comportement : les collaborateurs et les managers doivent pouvoir partager l’information « en bonne
intelligence », au bénéfce de tous, conscients de la valeur ajoutée que cette pratique peut générer.
Il convient avant tout de s’ouvrir à l’échange en interne et éviter la rétention de l’information, de savoir créer
et entretenir les interactions autour des outils de l
:
wikis, blogs, forums, remontées
clients, réseau social d’entreprise, veille. Il faut rester attentifs aux idées et aux signaux faibles apparaissant
dans l’entreprise et dans son environnement. Ces signaux sont différents des données et des méthodologies
codifées, auxquelles l’entreprise fait habituellement confance (études, statistiques, enquêtes internes,
externes). Aujourd’hui, les signaux faibles et les savoirs diffus ne comptent pas moins dans une appréhension
fne de l’environnement de l’entreprise. Ils sont susceptibles d’être consolidés par d’autres constats, puis
adaptés pour être enfn transformés en avantages concurrentiels de l’entreprise. C’est ce que permet
l’intelligence collective.
Savoir impliquer et motiver
La majeure partie de l’information, nécessaire pour gérer un système de valeur orienté vers l’extérieur, doit
venir directement des participants et non être une simple résultante de leur interaction avec le système. C’est
pourquoi l’entreprise doit fournir des motivations (différentes selon qu’il s’agit de l’interne, des partenaires
ou des clients fnaux), à tous les participants pour qu’ils partagent l’information le plus ouvertement possible.
Il faut ainsi encourager la fertilisation croisée des idées via les communautés de pratiques, les espaces de
travail collaboratif, les groupes projet, etc.
Loin d’être un simple agrégat de perceptions anonymes externes et internes, l’intelligence collective fait
l’objet d’une participation de tous les collaborateurs. Elle représente du temps, des moyens investis et du
travail en plus. Ce n’est en rien un modèle de production « gratuit » au sein de l’entreprise. C’est pourquoi il
convient de respecter et reconnaître cet apport des participants.