Entreprises & Culture Numérique
30
6
Sillard, Benoît, (2011),
ibid
.
7
Dartiguepeyrou, Carine (sous la dir.), (2012),
Cahier de prospective - L’entreprise
«
ouverte » : nouveaux modes d’organisation à l’ère numérique
,
Fondation Télécom, Institut Mines -Télécom, p.17.
Les mécanismes de motivation sont la prise en compte dans l’évaluation de la performance, la rétribution
fnancière, la reconnaissance, la visibilité… mais aussi le respect d’un principe d’implication collective dans la
prise de décision.
Indépendamment des questionnements soumis à divers acteurs extérieurs dans une démarche d’intelligence
collective, l’entreprise doit être capable d’exploiter plus efficacement l’information disponible sur ses clients
et partenaires, quelle que soit sa forme. Pour cela, elle engage des moyens fnanciers et humains dans
les projets de fertilisation croisée. Des ressources, voire des processus, sont alloués à la capitalisation des
connaissances et les managers encouragent et valorisent leur partage.
Favoriser toutes les idées et les idées de tous
Tous les collaborateurs, clients et partenaires, peuvent participer à l’innovation. Celle-ci va aujourd’hui bien
au-delà du produit pour devenir innovation organisationnelle ou de processus, etc. Ainsi, les services Etudes
ou de R&D ne sont plus les seuls légitimes à produire de nouvelles idées et/ou à les formaliser.
L’entreprise et le système d’information doivent permettre de coordonner les outils et les produits de
l’intelligence collective. Dès lors que le SI devient le support du réseau de valeur, il est au cœur de l’innovation
ouverte, principe d’échange permanent de connaissances entre une entreprise et son environnement.
Au niveau du système d’information, ces constats entraînent plusieurs implications :
•
Tout d’abord, en début de chaîne, il est important de susciter les apports et les idées dans un esprit de
production commune. Ces nouveaux usages s’installent progressivement. Une des missions de la fonction
SI est de les accompagner, de fournir aux collaborateurs des outils pour les aider à soumettre de nouvelles
idées, mais aussi un système permettant de centraliser toutes les idées émises, sans discrimination.
•
En fn de chaîne, lorsque les propositions de projets sont formalisées, l’enjeu principal est de les évaluer.
A ce stade, un système d’aide à la décision pourrait aider à sélectionner les projets et à gérer le portefeuille.
L’innovation n’est pas que de la créativité, elle nécessite des processus pour aboutir. Une certaine formalisation
peut s’avérer nécessaire pour encadrer la production de nouvelles idées. Celle-ci ne doit pas non plus être
excessive, faute de quoi elle risque de brider la créativité des collaborateurs et de l’entreprise. Des systèmes
dotés de fonctionnalités comme les « folksonomies » (taxonomies crées par les utilisateurs), les classements,
les cartographies d’idées peuvent apporter des éléments de réponse à ces enjeux.
Cependant, on observe que la culture numérique complète ces outils normatifs en instaurant un phénomène
collectif de « contrôle de qualité ». Contrairement à une tendance répandue consistant à imposer des
normes de contrôle
a priori
,
l’évolution par sélection naturelle est un contrôle
a posteriori
;
l’évolution
culturelle et technologique procède de la même manière. La culture numérique fonctionne sur le même
principe : lorsqu’une discussion s’ouvre sur un réseau, elle crée un espace de compétition entre de bonnes et
de mauvaises réponses
6
.
De manière globale, l’ouverture de l’entreprise numérique n’est pas calibrée
a priori
et, comme le précise
clairement un cahier de la Fondation Télécom sur l’entreprise ouverte : «
On ne s’oriente donc plus uniquement
vers une entreprise qui s’ouvre à l’externe, qui sait où aller chercher ce dont elle a besoin, mais également
qui s’organise pour capter de manière permanente le dehors, sans savoir à court terme si elle en fera bon
usage. Il y a donc un pari « plus volontiers» qui se fait sur le futur : ‘‘Be there and see’’
7
».