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Entreprises & Culture Numérique
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Une préoccupation majeure : la protection des données
La sécurisation de la gestion et de la protection des données doit devenir la partie émergée de l’iceberg en
matière de confance dans les interactions numériques des entreprises, avec toutes leurs parties prenantes.
Le BCG, dans sa dernière étude sur l’identité numérique
3
,
donne des
indications très précises sur ce que signife créer une culture numérique
de la confance. Certaines pratiques, encore appliquées par plusieurs
entreprises aujourd’hui, doivent être entièrement réformées. Des
pratiques consistant à conserver secrètes les méthodes de collecte
et d’utilisation des données, à en tolérer un cryptage faible et à
être peu rigoureux sur les permissions d’accès accordées aux
collaborateurs, offrent aux consommateurs peu ou pas de contrôle
sur leurs données privées. Cela leur donne le choix de « prendre ou
laisser », ce qui signife souvent pas de choix du tout. Les données
personnelles sont un atout précieux pour les entreprises. Elles doivent
être manipulées avec précaution, de manière à inspirer la confance du
consommateur plutôt que la méfance, perception tenace et difficile à
contrarier après coup.
La diffusion des pratiques du numérique et l’offre des grands opérateurs posent également la question de la
sécurité et des réponses apportées par les institutions nationales et internationales. C’est aujourd’hui une
préoccupation largement partagée. Terra Nova, dans son rapport sur le numérique, fait la proposition de
réguler au niveau mondial le numérique, à partir d’une institution issue de «
l’Internet Government Forum
»
(
IGF). Placer cette institution sous mandat de l’ONU, permettrait de déboucher sur un accord international
concernant la protection des données personnelles (propositions 120 à 123 de Terra Nova
4
).
Entre temps,
Terra Nova préconise de renforcer la présence française au sein des instances européennes, regrettant la trop
forte présence américaine (par exemple le rôle de l’ICANN gèrant le système des noms de domaines selon le
droit californien…).
Pour sa part, l’Institut Montaigne conclut son rapport sur la proposition de «
faire de la France et de l’Europe
les moteurs d’une gouvernance mondiale du numérique
5
»,
regrettant le retard de prise en compte par les
nations européennes, notamment en matière de
Cloud computing
(
informatique en nuage).
La confiance et les réseaux sociaux
L’entreprise numérique doit mériter la confance des clients, et plus largement, des usagers.
Dans la mesure où les réseaux sociaux sont eux-mêmes une ressource pour le monde marchand,
il ne faudrait pas que la récupération des données personnelles et confdentielles de millions
de
followers
(
abonnés d’une personne ou d’une marque sur un réseau social) vienne nourrir les craintes de
ces derniers. Par ailleurs, le risque existe de créer un monde où le virtuel serait plus un défouloir qu’un lieu
de rencontres et de partage.
La confance est d’autant plus fondamentale qu’une grande partie des contenus en ligne liés à une marque est
générée par les consommateurs. Terra Nova propose dans son rapport sur le numérique des mesures pour
«
protéger les individus et renforcer la démocratie
»
en «
renforçant la conscience de tous sur la gestion des
données, et de la vie privée en particulier
6
».
Régis Delayat
DSI - Scor
3
Rose, John, Röber, Björn, Rehse, Olaf, (2012),
,
The Boston Consulting Group,
pp 111-112.
4
Fesseau, Nelly, Lavenir, Gabriel,
ibid
.,
pp. 117-118.
5
Volle, Michel (sous la dir.), (2011),
ibid
.,
p. 79.
6
Fesseau, Nelly, Lavenir, Gabriel,
ibid
.,
p.97.