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Entreprises & Culture Numérique
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D’autre part, les métiers peuvent craindre un manque de compétences adéquates au sein-même de la DSI,
des difficultés d’organisation et de gouvernance. Dans ce contexte, il existe un risque fort que les Métiers
contournent la DSI, recréant des fonctionnements en silos et contribuant ainsi à développer des systèmes
informatiques fragmentés.
Or,
est capable de mettre en place un système à deux vitesses de
prestation de services. La première vitesse est « industrielle » : c’est la vitesse à laquelle l’IT est optimisée,
dans son rôle habituel, pour offrir aux métiers des services informatiques sur le long terme.
La seconde vitesse est numérique : elle est nécessaire pour être capable d’assurer et mener l’agenda
numérique de l’entreprise. L’IT numérique est défnie par l’incertitude et place la flexibilité, la vitesse et la
collaboration en première ligne. Le déf est alors celui des compétences. Le candidat idéal, pour faire partie
de l’IT numérique, n’est pas un spécialiste de l’IT, mais un collaborateur très polyvalent, ayant à la fois de
très bonnes compétences techniques et une connaissance fonctionnelle du métier. Il doit être capable de
concevoir et implanter un prototype en quelques semaines, proposer des solutions innovantes, et challenger
les métiers sur leurs besoins. Il doit être capable de travailler dans un fort climat d’incertitude, avec des
équipes fonctionnant sur la base de méthodes agiles, en articulation avec des systèmes tiers, tels que ceux
proposés par le
par exemple.
Alors que cette équipemène l’agenda numérique de l’entreprise, les systèmes d’information plus traditionnels,
mais primordiaux, assureront un rôle de soutien à cette équipe. Ainsi les initiatives numériques peuvent être
divisées en deux catégories :
-
la mise en place de services
ad hoc,
de type marketing viral par exemple, qui ne requièrent pas de
connexion avec le SI de l’entreprise ;
-
les applications numériques nécessitant un accès aux données de l’entreprise (par exemple les applications
mobiles permettant aux clients d’utiliser eux-mêmes les données fournies à l’entreprise). Dans ce cas, l’IT
traditionnelle est aussi sollicitée. Dans cette confguration, la fonction SI peut jouer un rôle vital comme
gardien et champion des données de l’entreprise, en construisant à la fois les systèmes nécessaires et en
communiquant les nouvelles opportunités aux utilisateurs à travers les canaux appropriés.
Cette importance d’une organisation IT à deux vitesses est renforcée par le fait que certains dirigeants
expérimentent actuellement un nouveau modèle de management à deux dimensions dans l’entreprise
17
.
La première est appelée « IT Usine » : elle englobe la plus grande partie des activités informatiques d’une
organisation dans le sens de la standardisation, et de la simplifcation des processus, en vue d’optimiser
l’efficacité et la livraison des produits ou services de l’entreprise au meilleur prix.
La seconde dimension est appelée « IT Ressource » : elle a pour mission d’aider les organisations à répondre
plus efficacement aux évolutions des besoins de leur cœur de métier et à gagner un avantage compétitif en
stimulant l’innovation et la croissance. Elle exige aussi des leaders technologiques d’avoir une vision extensive
de leur rôle et de la manière dont les systèmes qu’ils gèrent touchent l’ensemble du modèle d’affaires de
l’entreprise. Ils doivent garder à l’esprit que les atouts logiciels sont omniprésents et couvrent tous les métiers
de leur organisation. Ainsi, le logiciel fourni (ou vendu) à l’extérieur de l’entreprise peut constituer un atout
stratégique puissant.
Par exemple, la fourniture de logiciels d’une entreprise
B to B
à son réseau de distributeurs permet une
meilleure promotion des produits, une mise à jour automatique des catalogues, une collecte harmonisée
d’informations marketing, une visibilité pour le consommateur, etc.
16
Gourévitch, Antoine, Rehberg, Benjamin & Jean-François Bobier, (2012),
Winning in the Digital Economy: a New
Focus for the CIO
,
The Boston Consulting Group, pp. 7-10.
17
Sarrazin, Hugo, Sikes, Johnson, (2013),
McKinsey & Company.