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Entreprises & Culture Numérique
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Innover ou disparaître à plus oumoins long terme : il n’existe pas d’autre issue pour
les entreprises. Ainsi, la course à l’innovation constitue-t-elle une compétition
permanente censée assurer la survie de l’entreprise dans unmonde globalisé. Mais
le goût de l’innovation découle de dispositions entrepreneuriales. Numérique ou
pas, l’innovation procède d’une disposition d’esprit et d’un management fondé
davantage sur les valeurs que sur les règles.
Le numérique et son rapport au temps peuvent porter à confusion entre le
picoring
(
c’est-à-dire l’expérimentation sans prédétermination et capitalisation) et
le
test-and-learn
.
N’est-il pas nécessaire de bâtir des itinéraires numériques plus
ou moins précis dont chaque escale pourrait constituer une île d’innovations ?
Dans quelle mesure la culture numérique constitue-t-elle un accélérateur ou
au contraire un frein à la dynamique d’innovation ? Les accélérations, l’agilité,
la précarité des nouveautés, ne condamnent-elles pas les entreprises à des
innovations incrémentales, des innovations d’assemblage, plutôt qu’à de véritables
innovations de rupture ?
Les innovations imposent de partager le savoir mais aussi de transmettre
la connaissance. La transmission de règles ou de savoirs appelés à disparaître
est-elle nécessaire ? La trilogie «
celui qui sait, celui qui fait, celui qui apprend
»
fait-elle encore sens dans une culture numérique d’innovation où le principe
schumpetérien de destruction créatrice peut davantage détruire que créer ? Avec
le numérique, peut-on encore évoquer le passé pour construire le futur ?
Questionner le numérique