Entreprises & Culture Numérique
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Coll., (2011),
L’espace numérique de travail : Penser, partager, agir,
Cabinet Deloitte.
Les entreprises les plus avancées intègrent toutes leurs actions en veillant à garder une stratégie et une mise
en œuvre coordonnées, des achats regroupés, une direction marketing unifée, des instruments d’évaluation
et de motivation harmonisés. Elles mettent en œuvre des politiques encourageant les collaborateurs à se
familiariser avec les médias numériques et à en faire une composante de leur fonction.
Le décloisonnement interne est le pré-requis de l’ouverture de l’entreprise vers ses clients et partenaires
externes. Cette ouverture est devenue inévitable avec le numérique.
Des communautés à mobiliser et coordonner
La communauté constitue la structure de base de la culture numérique en entreprise : équipes, groupes de
travail, réseaux collaboratifs, groupes intégrant des tiers extérieurs à l’entreprise (partenaires, fournisseurs,
clients). La communauté est un principe d’organisation amenant des personnes à travailler ensemble
rapidement et efficacement, souvent à distance, grâce à la technologie. Les systèmes formels et les
processus peuvent, bien sûr, produire de l’intégration. Mais la communauté est l’infrastructure relationnelle
comportementale soutenant ces autres processus d’organisation, les rendant productifs.
L’esprit et l’action de la communauté permettent de produire des
contenus ou des activités de façon rapide, sur une base homogène.
L’énergie collective et la puissance intellectuelle de la communauté
sont des ressources qui doivent être canalisées. C’est pourquoi il
ne suffit plus, pour les managers, de mobiliser la structure qu’ils
dirigent. Il importe aussi de mobiliser une ou plusieurs communautés
de collaborateurs, engagés dans différents groupes ou projets. Cela
suppose une capacité de coordination et de focalisation des efforts,
plus que d’injonction. D’où l’importance d’associer des
community
managers
(
animateurs de communautés), acteurs nécessaires à la
gestion et à la dynamisation de ces groupes dans les entreprises.
Un
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décrit le bureau (numérique) comme un modèle de gouvernance «
qui favorise
les échanges et la collaboration, tout en atténuant les risques
».
En effet, le rapprochement des employés,
au-delà des frontières des services, crée un nouvel espace (numérique) de travail, variable selon les objectifs,
les profls, etc., par l’intégration des technologies numériques (la « trousse à outils »).
Des communautés sont ainsi créées. La collaboration entre employés, par exemple pour résoudre des
questions opérationnelles, s’en trouve accrue et les échanges multipliés. L’employé ainsi connecté, à l’échelle
de l’entreprise, évolue dans un « espace » de travail élargi.
L’espace numérique de travail permet alors à l’entreprise d’atteindre ses objectifs de dynamisation, d’obtenir
l’implication de chacun, de faire progresser la culture et la créativité de l’entreprise ainsi que son efficacité.
Mais en défnitive, que recouvre cette notion de communauté ? En quoi est-elle différente des équipes
et groupes de travail dans l’entreprise ? Tout d’abord, la communauté n’est pas défnie par des fonctions
professionnelles internes à l’entreprise, identiques ou complémentaires, rassemblées dans un même but (une
équipe), ni rattachées par leur hiérarchie à un projet commun dans une confguration fgée (un département).
Un des principaux critères défnissant la communauté est l’appartenance. Lorsque clients, utilisateurs,
partenaires, employés… sont membres d’une communauté, leurs différences tendent à s’atténuer. Le fait
d’être connectés ensemble transcende le rôle quotidien de chacun. Réunis autour d’un objet ou d’un sujet
commun, les membres d’une communauté se voient reconnus et soutenus par les autres membres. Leur
contribution au sein de la communauté les responsabilise vis-à-vis de celle-ci.
Jean Chavinier
DSI groupe - Pernod Ricard