Maximiser les retombées des actifs intellectuels !

Dans les économies numériques, l’investissement et la croissance sont de plus en plus tirés par les actifs de connaissance et le capital immatériel. Dans certains pays de l’OCDE, les entreprises investissent autant sinon plus dans les actifs de connaissance que dans les capitaux physiques. Cela crée de nouveaux défis pour les entreprises et les institutions politiques.

Ainsi se sont réunis à l’OCDE les 13 et 14 février 2013, plus de 400 décideurs et experts des cinq continents pour faire le point sur le programme mené par l’OCDE « Knowledge-Based Capital » en vue du rapport final qui sera présenté à la réunion des ministres à l’OCDE en mai 2013, mais également pour préparer l’agenda du programme pour les deux prochaines années.

La conférence était organisée autour d’une série de sessions plénières et parallèles. Quatre sessions plénières portaient sur le numérique et ses enjeux centraux pour la compétitivité des entreprises, les nations, la croissance et les emplois.

La session sur la politique de la concurrence a mis en évidence l’incomplétude des politiques actuelles, fortement perturbées par le numérique, en raison de la remise en cause frontale de l’approche sectorielle classique.

La session sur les chaines de valeur globales a exposé la dynamique de localisation / relocalisation des activités industrielles et plus généralement, le rôle des solutions numériques (robotiques) dans la relocalisation des activités dans les pays développés (le cas d’une usine de GE est cité comme exemple). Elle a également mis en évidence la dynamique des plateformes des pays émergents (l’Inde en particulier) dans l’offre de solutions numériques innovantes.

La session sur les Droits de propriété intellectuelle a présenté la croissance exponentielle de la demande de brevets au plan international (notamment du fait des pays émergents, la Chine en particulier), la question de la qualité des brevets et la forte croissance des risques associés, notamment dans les applications numériques.

Enfin, la session sur les Big data a discuté des enjeux des données pour les modèles économiques des entreprises, de la difficulté de conception a priori des usages, mais également de l’émergence de solutions automatisées de traitement, avec en parallèle les questions de protection de données privées.

La conférence a souligné combien le numérique présente un enjeu économique pour les entreprises, mais également sociétal, en particulier en termes de création d’emplois. Au total, et comme l’a souligné la Professeur Kiyoshi Kurosawa, en ouverture de la conférence, nous avons affaire à un monde de 7 milliards d’habitants, informés en temps réel de ce qui se fait , avec des hommes et des femmes capables d’exprimer leur mécontentement et leur désapprobation, et des classes moyennes et moyennes-supérieures en attente d’emplois pour elles-mêmes et leurs enfants. La problématique de l’emploi est un problème global et c’est notamment dans ce contexte qu’il convient de considérer la diffusion des usages numériques. On peut donc supposer qu’à partir de là, des solutions coopératives mondiales s’imposent.

En conclusion de la conférence, M. Richard Boucher, Secrétaire Général adjoint, a indiqué les thèmes clés du programme Knowledge-Based Capital de l’OCDE pour les deux prochaines années : les droits de propriété intellectuelle (notamment dans le numérique), les données (Big Data), l’amélioration de la mesure des investissements KBC et leur impact sur la croissance.

Ahmed Bounfour
Professeur Université de Paris Sud 11
Coordinateur du Comité Scientifique de la Fondation CIGREF
Rapporteur général du Programme ISD
Titulaire de la Chaire européenne sur le management de l’immatériel