Nouvelles stratégies de plateforme : stratégie, conception et mises en œuvre.

12 décembre 2019 | ACTUALITÉS, Publications du Cigref

Fondé il y a 50 ans, le Cigref tire sa légitimité à la fois de son histoire et de sa maîtrise des sujets techniques, socle de compétences de savoir-faire, fondements du numérique.

#Plateformes – Le Cigref publie le rapport “Nouvelles stratégies de plateforme – stratégie, conception et mises en œuvre”, issu des réflexions de son groupe de travail éponyme, piloté par Stéphane Deux et Jean-Christophe Lalanne.

Le Cigref remercie les intervenants des différentes réunions de travail : Francis Nappez (BlaBlaCar) ; Renaud de La Croix (Accenture) ; Christophe Deshayes (Digital Matters) et Emmanuel Jusserand (Accenture Strategy).

Les plateformes : une réponse à de nombreux enjeux business

Les grandes entreprises et administrations publiques se transforment pour devenir plus agiles et innovantes afin de répondre à des attentes nouvelles de leurs clients et aux défis des marchés de demain. Le numérique leur donne l’opportunité de redéfinir leurs relations avec les consommateurs finaux. Cependant, les entreprises ne souhaitent pas s’arrêter à cette seule connaissance des besoins de leurs utilisateurs. Elles souhaitent aussi augmenter leurs interactions avec eux, et passer ainsi d’une culture « produit » qui s’arrête trop souvent à la vente, à une culture « services » qui engage les entreprises sur la durée et qui les recentre sur l’usage pour le client. Les plateformes business, répondent à ces enjeux. C’est pourquoi, les grandes entreprises se préparent à ce qu’une ou plusieurs parties de leur business se développent via une ou des plateforme(s).

Quel périmètre et quelle valeur ?

Dans un premier temps, les entreprises mènent une réflexion stratégique pour déterminer le périmètre concerné et la valeur qu’apporterait une plateforme business : enrichit-elle la proposition de service actuel et/ou offre-t-elle une complémentarité avec son métier classique ? Définir la stratégie de plateforme business revient également à se poser la question de ce que l’entreprise souhaite/veut/doit proposer en plus à ses clients en s’appuyant sur les capacités de son écosystème (fournisseurs, clients, vendeurs, partenaires, etc.). Une même entreprise peut mener en parallèle plusieurs stratégies de plateforme différentes et les combiner en fonction des besoins. Cependant tous les business ne sont pas concernés par la plateformisation.

« la technique, c’est le business ».

Francis Nappez, CTO et co-fondateur de Blablacar

La technologie joue effectivement un rôle prépondérant dans les plateformes business. C’est pourquoi il est primordial de faire intervenir la Direction des Systèmes d’Information (DSI) dès la réflexion stratégique afin de nourrir celle-ci et de donner les éléments structurants pour les choix techniques.

S’il ne fallait retenir que trois points concernant la conception et la mise en œuvre d’une plateforme business, ce serait les suivants. Tout d’abord, offrir une infrastructure technique de type plateforme paraît incontournable ou tout au moins offrir un enabler technologique dans l’open data, les API[1] et le logiciel libre. Cela permet de faire cohabiter le SI patrimonial et le nouveau SI de la plateforme business. Pour s’interfacer rapidement avec une plateforme business existante ou alors pour participer au développement d’une nouvelle, la DSI est amenée à faire évoluer son architecture vers de la modularité, de la flexibilité, le tout de façon sécurisée. Tout type de technologie doit pouvoir être implémenté sur la plateforme IT. Enfin, l’architecture doit être « industrialisée » au niveau de la gestion des données et des opérations pour permettre la scalabilité rapide.

Une plateforme data driven

Deuxièmement, une plateforme impose d’être data driven (basée et axée sur les données), d’avoir sur les clients ou utilisateurs une information complète, cohérente, pertinente, consolidée en temps réel ainsi que sur les transactions. L’écosystème de la plateforme doit impérativement posséder les données pour s’organiser en cycle court : tester des relais de croissance ou produire de nouveaux modèles d’affaires en rupture. La plateforme doit offrir une qualité de service irréprochable en constante amélioration tout en assurant la confiance autour des données. La simplicité de l’interface utilisateur est clé : toute la complexité doit être gérée par la plateforme.

Toujours les talents !

Enfin, tirer pleinement parti d’une plateforme business nécessite des talents dans l’entreprise pour la mettre en œuvre avec les partenaires de l’écosystème, de façon judicieuse, pérenne et optimale. Cela implique d’acculturer les collaborateurs. Au vu de l’importance des données dans les modèles d’affaires, il est nécessaire que l’ensemble des collaborateurs aient une culture « techno et donnée » pour comprendre et organiser de manière exploitable la donnée. Chaque entité de l’entreprise doit être responsable de produire de la donnée et de la valoriser. La culture d’entreprise doit également favoriser l’ouverture vers les autres équipes.


[1] API, abréviation de Application Programming Interface : interface de programmation applicative. Une API est un ensemble normalisé de classes, de méthodes ou de fonctions qui sert de façade par laquelle un logiciel offre des services à d’autres logiciels. (Source Wikipedia).

Le Cigref incarne une parole collective des grandes entreprises et administrations françaises autour du numérique.

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