Notre cerveau sera-t-il bientôt le prochain sur la liste des cyber-risques ?

6 août 2015 | ACTUALITÉS, Questionner le numérique

Devons-nous commencer à redouter le brain hacking ?

Cette question n’est pas la nouvelle phobie à la mode des diners en ville ! Elle est posée par un chirurgien-urologue et neurobiologiste, le Docteur Laurent Alexandre, par ailleurs diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Il est aussi l’auteur de « La mort de la mort », ouvrage dans lequel il explique que « la génomique et les thérapies géniques, les cellules souches, les nanotechnologies réparatrices, l’hybridation entre l’homme et la machine sont autant de technologies qui vont bouleverser en quelques générations tous nos rapports au monde ».

L’hybridation entre l’homme et la machine… Nous y voilà ! Et après ? L’être humain intègre des technologies numériques et, comme on l’a vu expérimenté sur une voiture connectée, un pirate prend le contrôle de son cerveau ?

Pour le Docteur Laurent Alexandre, qui intervenait aux Assises de la Sécurité des Systèmes d’Information : « notre cerveau était un sanctuaire. Même les dictatures ne pouvaient pas réellement rentrer dans notre cerveau. Avec les technologies NBIC (Nano-technologies, Biologie, Informatique et Cognitique) notre cerveau ne sera plus un sanctuaire ». Il explique que « un continuum est en train de s’établir, entre le cerveau biologique, l’intelligence artificielle, l’IT, et les neuro-sciences ». Ce qui veut dire qu’il n’y aura bientôt plus de différence entre l’intelligence artificielle et l’intelligence biologique.

Dès lors, l’être humain va embarquer les mêmes risques que n’importe quel autre « outil » numérique et le brain hacking entre de plain-pied dans le domaine du possible !

L’homme n’a-t-il plus son mot à dire sur le devenir de son cerveau ?

Il semble qu’il soit déjà trop tard pour le cas où nous, Humains, déciderions massivement de nous opposer à ce que notre cerveau devienne ce nouvel outil numérique que nous promettent les neurosciences. D’autant que « nous opposer massivement » est loin d’être une évidence !

En effet, pour le Docteur Alexandre « nous allons voir rapidement les outils en cours de développement en matière de neurosciences et à quel point ces outils sont déjà dans la main des GAFA. En effet, Google, Apple, Facebook, Amazon, en partant du web, puis en passant par l’intelligence artificielle, sont en train de devenir les leaders mondiaux de l’ensemble des NBIC, y compris les nano-biotechnologies ».

Qui se met en travers de leur chemin ? Qui remue ciel et terre pour que les questions éthiques s’érigent, ne serait-ce que pour peser les « bénéfices-risques » ? Ou simplement pour se préoccuper de savoir si nous voulons vraiment ces évolutions ?

Sans faire de technophobie, ne peut-on exiger un Comité d’éthique international sur les usages des neurosciences ?

On peut très bien proscrire toute technophobie primaire et considérer les avantages des neurosciences en termes de santé. Au vu de son utilité, on a bien accepté que les voitures aient droit de cité, mais pas sans avoir institué un « code de la route ».

Concernant l’usage qui peut être fait des neurosciences, ce « code de conduite éthique » devrait être international, d’autant que les grands investisseurs en la matière sont aussi les géants du Net…

Mais qui osera leur faire front ? Leur emprise économique et leur toute puissance technologique ne sont-elles pas trop importantes, même si l’enjeu est l’intégrité de notre cerveau, le sanctuaire de notre identité humaine ?

 Marine Laugier, étudiante

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L’intervention du Docteur Laurent Alexandre
aux Assises de la Sécurité des SI

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