Etre salarié numérique, ce sera comment ?

23 septembre 2013 | ACTUALITÉS, Questionner le numérique

Nous sommes une petite équipe de moins de 20 salariés au sein d’une petite entreprise qui a beaucoup investi dans une attitude numérique depuis quelques années déjà. Le boss a son twitter, son Facebook… Tous, ou presque, nous sommes impliqués dans cette démarche. Nous avons libre accès à l’internet et la possibilité d’utiliser nos propres « joujoux numériques », smartphones et tablettes, pour ceux qui le souhaitent. Lorsque les circonstances le permettent, nous bénéficions également d’une certaine flexibilité offerte par la mobilité numérique : télétravailler en attendant le plombier ou lorsqu’un enfant a de la fièvre… La belle vie !

Quelles sont nos limites ?

Pourtant, depuis quelques temps, certains parmi nous se demandent si ceci n’est pas le début d’un engrenage vers des obligations plus « discrètes », vers des contraintes nouvelles. Que se passera-t-il par exemple si l’entreprise grandit, si des tensions s’installent ? On sait que tout changement génère des craintes, c’est peut-être pour cela qu’on commence à entendre évoquer des inquiétudes sur le monde futur. N’allons-nous pas vers une nouvelle forme de dépendance ? Entre nous, quand nous en parlons, nous sommes bien conscients que cela peut paraitre indécent d’une certaine manière d’avoir ce type de préoccupations au regard d’autres situations professionnelles parfois dramatiques.

Est-ce que, pour autant, on ne doit pas se poser de questions sur ces nouvelles formes de travail qui s’installent petit à petit ? Ou plus exactement, est-ce que le plaisir quasi euphorique de pouvoir utiliser librement nos appareils numériques, et même raisonnablement les applications qu’ils renferment, doit nous interdire de soulever le voile de l’avenir ?

Est-on déjà en mesure d’identifier les nouvelles contraintes que peuvent entrainer ces nouveaux modes de travail ?

Que les rythmes s’accélèrent, nous l’avons tous constaté. Surtout à cause du besoin de réactivité qu’implique la permanence d’internet et de toutes les connexions que nous établissons, tant privées que professionnelles. D’ailleurs, est-ce qu’on ne devrait pas penser dès à présent que les limites de nos capacités humaines imposent d’elles-mêmes un frein à cette spirale ?

Mais si cette accélération ne se laisse pas enrayer par nos ressources d’humains, est-ce que nous devrons basculer dans cette nouvelle dimension que certains appellent « l’homme augmenté » ? Pour faire face aux nouvelles exigences concurrentielles imposées aux entreprises, celles-ci ne devront-elles pas fatalement les répercuter sur leur masse salariale ? Alors, pour pouvoir travailler devrons-nous accepter d’être équipés de ressources numériques palliant nos « misérables » aptitudes humaines ?

Quid alors de nos personnalités ? De ce qui différencie chacun de nous : notre humour, notre sagesse, notre intuition, notre esprit d’analyse, notre cognition… tout ce qui nous rend brillant par rapport à d’autres collègues un peu moins bien équipés 🙂 ! Et pour peu que notre environnement professionnel impose le port de la blouse ou de l’uniforme…

En attendant, salarié numérique dès aujourd’hui, c’est quoi concrètement ?

Avant de nous projeter dans l’avenir, au sein de notre entreprise, des questions se posent déjà concrètement. Par exemple, est-ce que le salarié d’une entreprise numérique, présente et active sur les réseaux sociaux doit obligatoirement répondre à la demande (implicite ou non) qui peut lui être faite de « promouvoir l’image » de l’entreprise ?

Plus précisément, le salarié doit-il rester interactif avec l’événementiel de son entreprise ? Lorsque l’on cherche un travail dans un marché de l’emploi loin d’être pléthorique, on ne choisit pas toujours le secteur d’activités qui présente une opportunité, on prend ! Je peux bien faire mon travail même si je n’ai aucune affinité personnelle avec la pétrochimie ou à l’inverse avec la protection de l’environnement (ce sont des exemples !) Si j’ai accepté un emploi correspondant à mes compétences professionnelles stricto sensu, est-ce que je dois prolonger mon engagement professionnel dans une action e-marketing mise en place par mon entreprise ? Et si je ne le fais pas, peut-on me le reprocher ?

Autre cas, les clients sont désormais sollicités pour donner un avis, voire conseiller les marques sur les produits et services susceptibles de les intéresser. Le salarié peut-il conduire une interactivité réellement objective avec les clients numériques de la marque, surtout s’il en connait parfois certains revers, ou s’il est lui-même mis en porte-à-faux par cette interactivité ?

Comment solliciter un cadre de confiance numérique en entreprise ?

Je vois dans le livre du CIGREF « Entreprises & Cultures Numériques » qu’il est fait une large place à la notion de confiance comme élément constitutif de cette culture nouvelle. Tendre vers la confiance, cela ne peut être que bénéfique. Mais la confiance intrinsèque, sans arrière-pensée, loin des intérêts corporatistes ou individuels, est-elle réellement possible ?

Surtout, comment l’entreprise peut-elle, ou va-t-elle proposer le cadre nécessaire pour décliner la mise en œuvre de cette confiance ? Est-ce que cela entrainera des pressions nouvelles pour le salarié ?

Nous savons tous que le monde du travail n’est pas celui des « bisounours » ! Les rivalités, les enjeux de pouvoir, les ambitions… poussent déjà certains à se dépasser au-delà du raisonnable dans notre « vieux monde » ! Est-ce que la confiance, au sein-même de l’entreprise, peut se définir, quand tous les contours connus deviennent flous, extensibles, rendus imprévisibles par des technologies galopantes, des usages que l’on ne maitrise plus du jour au lendemain ?

Les réseaux sociaux, internes ou externes, sont-ils des lieux privilégiés pour établir et cerner les bases de cette confiance nouvelle ?

Peut-on faire « confiance » à l’humain pour qu’il sache préserver les qualités qui lui ont fait traverser les révolutions précédentes sans perdre son « âme », avant de devoir la confier aux microprocesseurs chargés d’augmenter ses potentiels ?

Pour être sincère – début de la confiance ! – aucun de nous n’est en boucle sur ces questions, mais elles s’invitent parfois à la machine à café, surtout depuis que nous sommes tombés sur ce site ! Mais on aimerait bien avoir, sinon des réponses, au moins des avis.

Arnaud, cadre commercial

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