Observatoire des Télécoms

Au sein du comité de pilotage des télécoms et de l’observatoire des opérateurs, les travaux du CIGREF ont principalement porté sur les thèmes suivants :

  • lobbying auprès des opérateurs sur les tarifs fixe vers mobile ;
  • réponses aux consultations ouvertes et restreintes de l’ART ;
  • participation aux commissions consultatives de l’ART ;
  • audition d’opérateurs ;
  • mise en place d’un tableau de bord des opérateurs trimestriel.

Les faits marquants sur le marché français des télécommunications en 1998-1999

La libéralisation du marché des télécommunications n’a pas encore porté ses fruits après dix-huit mois de concurrence. En dépit de l’arrivée massive de nouveaux opérateurs sur le marché, les baisses tarifaires sont restées timides et les prises de parts de marché très faibles. Résultat, le faible dynamisme des opérateurs pénalise les grandes entreprises qui restent – à leur corps défendant – tributaires de France Télécom pour la boucle locale, les services à hauts débits et les liaisons spécialisées. La concurrence est plus développée à l’international car le marché est plus mûr, mais les alliances entre opérateurs sont en phase de recomposition. À côté des baisses tarifaires, la qualité de service de bout en bout sera l’autre enjeu majeur pour les opérateurs car les utilisateurs sont de plus en plus demandeurs d’une garantie de continuité de service en toute circonstance.

Le monde de l’Internet a été marqué cette année par une série d’avancées réglementaires. Les principaux faits marquants dans ce domaine ont été l’arrivée de fournisseurs d’accès internet gratuits sur le marché grand public, la libéralisation des solutions de chiffrement jusqu’à 128 bits et la reconnaissance de la valeur juridique de la signature électronique. Il faut noter par ailleurs que le métier de fournisseur d’accès est en pleine mutation puisque celui-ci est en train de se concentrer et de passer de simple fournisseur d’accès vers celui plus rentable de fournisseur de solutions à valeur ajoutée (commerce électronique, hébergement de sites, messagerie, sécurité…).

Avec 15 millions d’abonnés dont 10 % de professionnels, le marché de la téléphonie mobile s’affirme comme l’un des segments les plus porteurs du moment. La France, avec un taux de pénétration de 26 %, dispose d’une marge de croissance encore large par rapport à la Finlande (61 %), d’autant plus que les usages devraient être stimulés par l’arrivée de services de convergence fixe-mobile. La téléphonie mobile est incontestablement le segment le plus ouvert à la concurrence aujourd’hui puisque les deux opérateurs alternatifs ont acquis une part de marché d’environ 50 %, mais c’est aussi le segment sur lequel les baisses tarifaires ont été le moins fortes. Le CIGREF estime qu’il est du devoir du régulateur de créer les conditions d’une vraie concurrence l’an prochain en augmentant le nombre de licences.

Les grands chantiers pour 1999-2000

Initialement demandée pour le 1er janvier 1998 par le CIGREF, la présélection du transporteur n’aura lieu finalement que le 15 janvier 2000. Elle aura l’avantage d’automatiser la démarche de numérotation, mais cette présélection sera limitée à un seul opérateur alternatif. Le CIGREF estime que la présélection de deux opérateurs, l’un pour l’interurbain, l’autre pour l’international, aurait été préférable.

Principal obstacle – avec la présélection – au développement de la concurrence sur la voix, l’accès local reste encore le bastion de France Télécom. Certes, il existe des opérateurs de boucles locales (Colt, Cegetel, Completel…) mais les baisses tarifaires obtenues jusqu’à présent par les grandes entreprises n’ont pas été à la hauteur des attentes initiales et surtout ces opérateurs, pour des raisons d’investissements bien compréhensibles, se limitent aux zones urbaines les plus denses. Là encore, l’ART aura un rôle clé à jouer en 1999-2000, tant dans le cadre du dégroupage que dans celui des boucles locales radios.

Le métier de responsable des télécommunications est en train d’évoluer d’une fonction purement opérationnelle à une fonction plus transversale de responsable des achats et de maîtrise des coûts. De plus le responsable télécoms ne s’occupe plus seulement des couches basses du réseau mais il est amené de plus en plus à s’intéresser à la partie applicative (messagerie, intranet, sécurité…). Enfin, il est vraisemblable que la convergence voix-données et IP conduiront à une refonte des métiers télécoms et à un rapprochement des métiers voix et données.

Télécharger « 1999 – Observatoire des Télécoms » [pdf, 1346 ko]