Le 21 mai 2026, journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité, le Cigref publie son nouveau rapport intitulé « Accessibilité numérique : organiser, piloter et outiller le passage à l’échelle dans les grandes organisations ». Fruit d’une année de travail, ce document propose un cadre méthodologique et des retours d’expérience (REX) concrets pour faire d’une obligation réglementaire un projet à l’échelle d’une organisation.
Nous avons apporté le plus grand soin à rendre ce rapport accessible au plus grand nombre, conformément aux bonnes pratiques en vigueur en matière d’accessibilité numérique. Malgré nos efforts, il est possible que certaines limitations subsistent. Si vous rencontrez des difficultés pour accéder à tout ou partie de ce document, nous vous invitons à nous contacter afin que nous puissions vous fournir l’information dans un format adapté à vos besoins.
Pourquoi l’accessibilité numérique est un enjeu stratégique en 2026 ?
L’accessibilité est un moyen indispensable d’assurer l’autonomie de chaque collaborateur, utilisateur et citoyen, en leur garantissant ce droit fondamental d’accéder équitablement aux informations, ainsi qu’aux services et produits numériques.
Le renforcement du cadre légal a marqué un point d’inflexion dans les pratiques numériques, notamment depuis l’entrée en vigueur de la transposition française de l’European Accessibility Act (EAA) en juin 2025. Loin d’être une simple contrainte budgétaire, l’accessibilité numérique est, de plus, une source d’opportunités :
- Compétitivité : elle permet de capter un « marché caché » représentant, selon certaines organisations, jusqu’à 20 % d’utilisateurs potentiels (personnes en situation de handicap, aidants, seniors).
- Qualité et SEO : un code accessible est un code propre, plus léger, favorisant un meilleur référencement naturel et une interopérabilité accrue.
- Inclusion et RSE : elle renforce l’image de marque employeur et assure un accès équitable à l’information et aux services pour tous les collaborateurs et clients.
Les 4 axes clés pour un passage à l’échelle réussi
Le rapport déconstruit les silos organisationnels pour proposer une démarche intégrée autour de quatre piliers :
1. Une gouvernance structurée
Le succès repose sur une gouvernance, a minima tripartite (DSI – RSE – Conformité), avec une stratégie ou plan pluriannuel, et la nomination d’un Référent Accessibilité Numérique rattaché à un haut niveau (COMEX) pour garantir un réel pouvoir d’arbitrage.
2. Un pilotage sur tout le cycle de vie des projets
L’accessibilité ne s’improvise pas et doit être pensée tout au long du cycle de vie des projets, et notamment dès leurs cadrages, pour éviter les surcoûts massifs de remédiation avant déploiement. Elle s’appuie notamment sur :
- La gestion du legacy, avec arbitrage entre correctifs et refonte dans le but d’harmoniser le niveau d’accessibilité des actifs numériques.
- L’intégration par conception (« by design ») de l’accessibilité numérique, dans les processus des achats, des métiers et de l’accompagnement projet.
- Le pilotage dans la durée, par le moyen d’audits, tests, recours à l’expertise externe et tests avec des utilisateurs finaux, tout particulièrement handicapés.
3. Un outillage par la formation et l’acculturation
L’accessibilité doit pouvoir impliquer toutes les parties prenantes, des équipes métiers aux fournisseurs grâce à un travail d’acculturation et de transformation pérenne de la culture organisationnelle. Cela passe, entre autres, par des parcours de sensibilisation, de formation adaptés à chaque métier (développeurs, designers, rédacteurs, acheteurs) et l’intégration de l’accessibilité dans l’onboarding des nouveaux collaborateurs. Le passage à l’échelle et l’harmonisation de l’accessibilité des services peut être favorisé par le développement d’un cadre, ou design system. Enfin, le suivi par des métriques et la démontrabilité du ROI restent différenciant.
4. Principes d’action activables pour passer à l’échelle
Ce rapport propose aux équipes un ensemble de livrables directement mobilisables : un tableau de bord de KPIs pour piloter et suivre la progression de la démarche dans le temps, des points de blocages et leviers de résolutions, des chantiers priorisées pour la démarche d’accessibilité, ancrées dans les retours d’expérience terrain.
« Ce rapport est la preuve que l’accessibilité n’est plus une démarche isolée, mais une œuvre collective essentielle à nos organisations. » – Yannick Puget, iMSA, Pilote du Groupe de travail.

