Interview du Président du CIGREF

Interview du Président du CIGREF

Quel patron pour l’entreprise de demain ?
Pour insuffler la culture numérique en entreprise…

C’est le thème de l’interview de Pascal Buffard, Président du CIGREF, invité par « IT for Business l’Hebdo », et interrogé par Frédéric Simottel.

Pascal Buffard évoque les grands chantiers en cours au CIGREF, qui représentent les grands enjeux du moment, tels que cloud, big data, mobilité… et qui font l’objet de ses groupes de travail. Il évoque également le récent accord passé entre le CIGREF et un collectif de PME innovantes, et pour finir il donne sa vision sur le rôle du DSI de l’entreprise numérique.

Les grands thèmes pour les grands patrons aujourd’hui

Après avoir rappelé que l’ambition du CIGREF est de faire du numérique et de la culture numérique un véritable levier d’innovation et de performance pour nos entreprises, Pascal Buffard explique que le CIGREF, ayant été créé en 1970 par 3 dirigeants d’entreprises, a profondément évolué. Depuis la dernière décennie le CIGREF travaille sur la dynamique de création de valeur au sein des entreprises à travers l’usage des SI. Le premier levier d’action du CIGREF pour insuffler la culture numérique est porté par ses groupes de travail réunissant les DSI et leurs équipes autour de thèmes tels que la digitalisation des usages, le cloud, le big data, la mobilité… 

Interaction Grandes Entreprises et PME innovantes

Frédéric Simottel interroge : concernant le social business, les réseaux sociaux d’entreprise, vous avez signé un accord avec un collectif d’entreprise. Au-delà de cet accord, quel peut être le rôle des patrons d’informatique aujourd’hui dans notre économie numérique ?

Pascal Buffard explique que les grandes entreprises sont de plus en plus ouvertes sur un écosystème élargi. Nous avons la responsabilité de faire en sorte que les PME, notamment les PME innovantes, puissent nous aider à conduire ces transformations numériques avec les solutions innovantes qu’elles proposent. C’est l’objet de l’accord que nous avons conclu concernant les RSE. Je pense que cela relève de notre responsabilité citoyenne, mais cela va au-delà, parce que nous ne disposons pas, dans nos entreprises, de l’ensemble des compétences nécessaires pour conduire ces transformations. C’est donc aussi quelque chose qui nous est nécessaire. Ce partenariat, cette collaboration sont clés.

Quel avenir pour le DSI ?

On parle de consumérisation de l’informatique qui se dilue dans l’entreprise, aura-t-on toujours besoin d’un DSI ? demande Frédéric Simottel.

Pour le Président du CIGREF, on aura toujours besoin d’un responsable au niveau du Comité exécutif, qui soit capable de traduire l’évolution des usages de la technologie au service de la stratégie des métiers et de celle de l’entreprise.

Il précise que la situation de départ dans chaque entreprise peut être différente. Certaines Direction des Systèmes d’Information ont déjà atteint un niveau de maturité élevé. Les DSI ont donc dans une relation étroite de partenariat avec les métiers. Ils sont contributifs à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise et pas seulement de sa mise en œuvre. Ils ont une capacité à fédérer et à orchestrer le changement. Cela, je pense que ça restera. Les compétences nécessaires au sein de la DSI pour conduire cette transformation numérique sont aussi des compétences nouvelles par rapport à celles que l’on mettait en œuvre il y a dix ans. Lorsque l’on parle de transformation numérique, on parle de transformation des business models. Il ne s’agit pas seulement de la technologie mais aussi de l’usage de la technologie. Le CIGREF s’intéresse beaucoup aux aspects management, gestion des compétences à travers plusieurs groupes de travail notamment celui sur l’identification des compétences numériques qu’il convient de développer au sein de nos entreprises et au sein de la DSI. Le CIGREF mène aussi une réflexion sur ce que sont les nouveaux systèmes de formation et d’éducation qui feraient partie des avantages et des capacités du numérique.

Avec la Fondation CIGREF

Malgré ses 130 membres, le CIGREF est une structure de taille modeste en comparaison des phénomènes de transformation numérique que nous nous devons d’analyser. Nous avons su étendre cette capacité d’intelligence au monde entier grâce à un partenariat avec les plus grandes universités et les plus grands laboratoires de recherche du monde. A titre d’exemple, nous avons travaillé avec l’Université de Californie du Sud sur l’évolution des business models dans ces transformations numériques. Dans les entreprises qui ont conduit ces transformations, on arrive à de véritables repositionnements sur la chaîne de valeur, tirant partie d’une concentration à la fois de l’espace et du temps pour proposer des produits simples à très haute valeur ajoutée.

Les résultats du Programme International de Recherche de la Fondation CIGREF sont accessibles grâce à une collection qui s’appelle « les Essentiels », un ebook enrichi dans lequel on trouve l’ensemble de ces résultats (version anglaise « The Essentials »). Des résultats également publiés chez Springer, spécialiste de l’édition scientifique.

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