Jusqu’à la fin juin, date charnière puisqu’elle fixait la fin de la majeure partie des tests, les travaux ont été menés principalement sur les modifications, les tests d’intégration et les tests de vieillissement. Le monde bancaire qui a réalisé les tests de place nationaux et internationaux sur la période qui s’étend du mois d’avril au mois de septembre n’a pas mis en évidence d’incidents particuliers qui seraient restés inconnus jusque-là.

Les mois de juillet et août ont été consacrés aux dernières corrections des incidents mis en évidence lors du mois de juin. Dans une moindre envergure, les tests continueront jusqu’au dernier moment, pour essayer de mettre en évidence des problèmes qui n’auraient pas encore été détectés et conforter les résultats déjà obtenus.

Trois principaux risques ont été mis en évidence :
– l’instabilité potentielle des produits vendus par les éditeurs et les constructeurs ;

  • les risques d’apparition d’incidents aléatoires après le 31 décembre 1999 ;
  • les risques générés par des entreprises tierces mal préparées.

Le CIGREF, dès le début de l’année, a fait connaître lors des réunions du Comité national An 2000 son souhait d’une trêve des modifications de la part des éditeurs et des constructeurs. Les directeurs de projet An 2000 ont très clairement fait savoir qu’une instabilité dans les mises à jour serait sujette à remettre en cause soit les plannings d’ici la fin de l’année, soit les résultats des tests tels qu’ils ont été donnés fin juin. Pire, au-delà d’une certaine date, ces mises à jour ne pourraient plus être prise en compte, leur déploiements sur des parcs atteignant plusieurs milliers de stations n’étant pas possible dans le délai restant. Cette date limite à été fixée à la fin septembre.

Les risques d’apparition d’erreurs résiduelles chiffrés pour les plus optimistes de 3 à 5 % – qui n’apparaîtront qu’après le passage et en pleine exploitation – nécessitent le maintien d’une veille renforcée compte tenu que ni leur gravité ni leur fréquence ne sont connues. Une première conséquence est que le budget du projet An 2000 ne sera pas clos le 31 décembre à minuit et qu’il devra continuer à courir au moins jusqu’à la fin janvier si ce n’est plus.

La préparation de certains partenaires reste inquiétante. Tous les grands groupes sont clients ou ont pour clients des PME-PMI.
Les fruits des efforts considérables qui ont été fournis pourraient être fortement réduits si des données erronées ou polluées étaient transmises et introduites dans des chaînes de traitement, sans compter le temps pour le découvrir et les délais de correction.
En ce qui concerne la communication, l’effort s’est porté surtout sur la communication interne, tout en remarquant qu’un service intranet n’est pas suffisant compte tenu que sa consultation systématique n’est pas encore entrée dans les réflexes des utilisateurs. Ouvrir sa boîte aux lettres électronique n’est pas encore naturel. La communication sur support papier reste donc, pour cette occasion, le moyen le plus sûr.

La nécessité de se préparer pour une éventuelle communication de crise fait doucement son chemin. Peu de directions de la communication ont eu à faire face à de telles situations. Elles sont par ailleurs rassurées par les équipes techniques sur les conditions du passage, ce qui rend encore plus difficile d’imaginer le pire.
La préparation des plans de passage et de continuité est en cours depuis le mois de septembre. Les membres du CIGREF ont mis en évidence : l’importance qui doit être apportée aux sauvegardes qui devront être faites avant et après le passage. Elles devront prendre en compte non seulement les données mais aussi les programmes et les paramètres des systèmes. Seul un contrôle rigoureux de la validité des informations et des supports sera une garantie de réutilisation en cas d’incident ; la nécessité de faire un inventaire des cibles stratégiques pour l’activité de l’entreprise afin d’éviter des plans de continuité disproportionnés.

Sans être particulièrement pessimiste, il est nécessaire d’évoquer la possibilité de « réveil » de virus au-delà du 31 décembre à minuit et de tentatives d’intrusion au moment du passage. Enfin, le décalage horaire devrait permettre, pour la France, d’observer au moins 11 heures à l’avance les conditions de passage en Nouvelle-Zélande.

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