Les impacts du Web 2.0 sur les organisations et leur DSI

Les statistiques reflétant les évolutions en termes d’usages des outils et technologies web 2.0 ne manquent pas. Elles nous indiquent entre autre que les médias sociaux sont de plus en plus présents au sein des entreprises, que le poste de travail n’est plus le pas de porte obligé au système d’information de l’entreprise, que les tablettes et autres terminaux mobiles entrent en force dans les entreprises et sont de plus en plus utilisés pour accéder aux applications métiers (par exemple l’étude IDC « 2011 Consumerization of IT Study : Closing the Consumerization Gap »).

Mais au-delà des statistiques et des constats, quels sont les impacts du web 2.0 sur les organisations et leurs directions des systèmes d’information approfondis par la recherche scientifique ?

Cette question a fait l’objet d’un des projets de recherche de la « Vague A » du programme ISD : « les impacts du web 2.0 sur les organisations », conduit par Sébastien Tran, CNAM/ M-Lab, Université Paris-Dauphine. Sébastien Damart, professeur à l’IAE de Rouen, membre de l’équipe de recherche en charge du projet, répond à 4 questions :
– les objectifs de ce projet de recherche
– les résultats de recherche
– les implications pour les DSI
– les futurs axes de recherche possibles

Prospective scientifique sur le web 2.0

3 principaux résultats de recherche

Le premier consiste à voir comment les organisations se sont emparées du web 2.0. Nous avons montré qu’elles se sont emparé de 4 façons différentes le web 2.0 :

  • Le web 2.0 sous forme de « plateforme » : l’entreprise comme un réseau d’espace dans lequel on a des outils de web 2.0 qui permettent de faire travailler les gens différemment ;
  • Sous forme de « many to many », où les interactions ne son plus descendants, hiérarchisées mais de plusieurs à plusieurs ;
  • Avec l’image de « l’émergent », c’est-à-dire l’entreprise comme un lieu où le web 2.0 permet des collaborations de façon émergente ;
  • Et enfin une image « communautaire », une entreprise comme le lieu où le web 2.0 permet la formation de communautés, de groupes autour de problématiques de projets, de collaborations inédites.

Autre résultat de recherche, le constat de fausses évidences ou mythes organisationnels, c’est-à-dire par exemple des oppositions considérées comme classiques, évidentes entre la hiérarchie, la communauté… et le web 2.0 revisite totalement ces oppositions puisque le web 2.0 permet de faire coexister dans un système régulé les communautés émergentes, réglées, formées par la hiérarchie.

Troisième résultat de recherche, il est plus pratique, il concerne les compétences d’un certain nombre d’acteurs dont les DSI. Tous nos résultats scientifiques revisitent complètement les compétences des DSI, ceux-ci devenant des éclaireurs, des découvreurs de ces communautés émergentes, découvreurs des liens informels que le web 2.0 permet d’initier dans les organisations.

Quelles sont les implications pour les DSI ?

Très concrètement, un certain nombre d’applications de résultats concernent les leviers qu’utilisent les DSI pour transformer les systèmes d’information et plus généralement transformer les organisations. L’un d’entre eux concerne les référentiels multiples. Le DSI a comme levier d’actions non plus quelques leviers bien identifiés, quelques référentiels qu’il maitriserait, quelques standards, mais il a à gérer des référentiels multiples, certains étant pilotés, contrôlés par la DSI, d’autres émergents, d’autres mis en place, élaborés par les communautés émergentes.

Un autre élément concerne la gestion des communautés qui est en lien avec la question des référentiels multiples. Le DSI gère des communautés. Des questions assez classiques dans la gestion des systèmes informatiques sont revisitées, comme la question des droits d’accès, lorsque les groupes sont multiples, lorsque chacun des groupes développe ses propres référentiels et que la gestion des droits n’est plus conçue comme une activité centralisée.

Quels sont les futurs axes de recherches possibles ?

Plusieurs perspectives sont possibles. L’une d’entre elle est celle de la modélisation de configurations organisationnelles complexes, la gestion, le développement des communautés avec les outils du web 2.0 amenant à la formation de groupes aux propriétés inédites sur lesquelles il y a un travail de recherche.

Une autre piste, la question de la surcharge de coordination. Les outils de web 2.0 induisent des activités de plus en plus intenses de coordination entre les communautés, les groupes, les acteurs de l’organisation. Il y a là un enjeu qui peut être associé aux questions de risques du web 2.0.

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Synthèse des projets de recherche Vague A : l’Accéluction en action

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